Ô Terre,
corps meurtri,
chair de beauté défigurée,
poussière mêlée aux os de nos morts.
Ô Terre des arbres abattus,
exécutés dans les forêts sacrées,
où le chant de l’oiseau s’enfuit,
étranglé par les lames d’acier.
Ô Terre des hémorragies noires,
des océans en deuil,
des requins errants
qui rougissent le silence des eaux.
Ô Terre au souffle empoisonné,
où l’air devient prière brisée,
où la ville distille son venin
dans les poumons des vivants.
Ô Terre devenue lointaine,
comme un rêve que le citadin amnésique
n’ose plus toucher,
de peur d’y retrouver son âme.
Ô Terre livrée à l’orgueil luciférien,
que la main des hommes
façonne en enfer.
Que celui qui écoute
entende.
Que celui qui voit
se lève.
Que celui qui respire encore
rende grâce à la Terre
avant qu’elle ne se taise.
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