Si le bonheur était une fleur obscure,

Née dans l’ombre lente des âmes,

Je n’en dirais rien,

Je l’écouterais croître en silence.

Sous mes paupières closes,

Il serait lueur sans nom,

Une offrande fragile

Au seuil du souffle.

Je n’oserais le toucher

De peur qu’il ne se dissolve

Comme un songe trop regardé,

Comme l’aube entre les doigts.

Alors je deviendrais terre,

Patience, et veille invisible,

Pour qu’en moi, très doucement,

Quelque chose s’ouvre sans bruit.

Et son parfum,

Presque absent, presque éternel,

Serait trace,

D’un passage que rien ne retient.

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