Le regard n’est jamais neutre.
Il porte une lumière,
une blessure,
un désir qui cherche où se poser.
Il traverse les visages
comme une question silencieuse :
que vois‑tu vraiment
quand tu dis que tu vois ?
Parfois il effleure,
comme une main qui hésite.
Parfois il perce,
comme si la vérité voulait sortir
par la pupille.
Il y a des regards qui retiennent,
d’autres qui libèrent,
et ceux — rares —
qui ne cherchent rien
mais accueillent tout.
Dans le tien,
le monde se déplie autrement :
les choses cessent d’être des choses,
elles deviennent des signes,
des passages,
des promesses minuscules.
Le regard n’est pas un acte.
C’est une manière d’aimer
sans toucher.
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