On dit qu’il faut sourire,
comme on dit qu’il faut être sage,
comme on dit qu’il faut se tenir droit
dans un monde qui penche.

Mais parfois le sourire pèse,
il sonne creux,
il s’accroche au visage
comme une lumière forcée.

Je l’ai porté trop longtemps,
par réflexe, par prudence,
pour ne pas déranger,
pour ne pas montrer
que quelque chose en moi
ne suivait plus la cadence.

Le monde aime les visages lisses,
les histoires faciles,
les enthousiasmes sans ombre.
Il redoute ce qui tremble,
ce qui questionne,
ce qui voit trop clair.

Alors on sourit
par habitude, par politesse,
par peur de décevoir.
On devient façade,
on devient écho,
on devient ce qu’on attend de nous.

Mais un jour,
le masque glisse.
Et dans ce glissement,
dans ce presque-rien,
revient un visage vrai :
fatigué peut-être,
mais vivant.

Je ne cherche plus à plaire.
Je cherche à être juste.
À offrir un sourire
seulement quand il naît,
sans contrainte,
sans devoir,
comme une lumière qui choisit
elle-même de se lever.

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