L’âme déchue marche sans nom,
un peu de nuit collée au souffle,
un peu de cendre dans les veines.
Elle avance comme on tombe,
lentement,
dans un silence qui ne pardonne rien.
Les anciens éclats lui reviennent
par fragments,
des lueurs brisées,
des promesses qui tremblent encore
au bord du souvenir.
Elle cherche une rive
où poser son poids de solitude,
un lieu où la douleur
cesse d’être une langue.
Mais parfois,
dans la fissure d’un instant,
une chaleur remonte,
timide, presque honteuse,
comme si la lumière
se souvenait d’elle.
Alors l’âme déchue respire,
une seule fois,
plus profondément que le monde,
et dans ce souffle
quelque chose se relève,
sans nom,
sans gloire,
mais vivant.
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