Elle n’a pas de nom.
Elle glisse entre les teintes comme une respiration oubliée,
un souffle posé sur le bord du monde.On dit qu’elle naît dans les fissures du silence,
là où les ombres hésitent
et où la lumière, soudain, se souvient
qu’elle peut encore inventer.Cette couleur avance sans bruit,
comme une pensée qui cherche son premier battement.
Elle frôle les pierres,
elle écoute les arbres,
elle emprunte aux nuages un peu de leur lenteur.
Quand elle apparaîtra,
les yeux ne sauront pas la reconnaître.
Ils s’ouvriront pourtant,
comme si quelque chose en eux
avait attendu depuis longtemps
ce qui n’avait jamais existé.Et le monde, surpris,
se tiendra immobile
offert, disponible,
prêt à apprendre un nouveau mot
pour dire vivre.
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