Il y a des choses
qui ne savent pas choisir.
Des choses comme nous,
coincées entre deux vérités
qui tirent dans des directions opposées.
Je t’ai aimée
dans un endroit du monde
où l’amour n’avait pas de place.
Un territoire instable,
une frontière mouvante
où chaque geste était une promesse
et une menace.
Tu étais la lumière
qui me brûlait doucement,
une chaleur qui ne voulait pas guérir,
une présence qui demandait
à être tenue
et à être libérée
dans le même souffle.
J’ai compris trop tard
que certaines rencontres
sont des tremblements de terre :
elles ne détruisent pas,
elles déplacent.
Elles changent la géographie intérieure
sans demander la permission.
Alors je te laisse partir
comme on laisse partir une saison
qui a trop duré.
Avec douceur,
avec résistance,
avec ce fil invisible
qui continue de vibrer
même quand les mains se séparent.
Et dans le silence après toi,
je découvre
que la fracture n’est pas une fin :
c’est un passage.
Un lieu où l’on apprend
à respirer autrement,
à aimer autrement,
à se tenir debout
dans l’absence.
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