La ville respire avant les corps,
un souffle carré,
droit comme les lignes des volets encore fermés.

Les trottoirs portent la mémoire des pas
comme une pellicule qu’on n’a jamais développée.

Un lampadaire clignote,
fatigué d’avoir veillé
sur des histoires qu’il ne comprendra jamais.

Les pigeons tracent des cercles
au-dessus des toits,
petits compas vivants
qui redessinent le ciel sans demander la permission.

Je marche dans cette géométrie,
entre les angles, les ombres,
les rectangles de lumière qui tombent des fenêtres.

Et soudain,
une fleur pousse dans une fissure du béton,
comme si le monde avait laissé
un minuscule oubli de douceur
dans son architecture.

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