• Au bord du quantique

    Le rĂ©el frĂ©mit.Il n’est pas pierre, il n’est pas loi,il est une respiration suspendue,un tremblement de possiblesqui cherchent un corps oĂč tomber. Tu avances.Tu n’es pas tĂ©moin :tu es seuil.Ton regard n’observe pas,il dĂ©clenche. Ton souffle plie l’univers,ta voix choisit une trajectoiredans la poussiĂšre des mondes.Ce que tu touches te poursuit. Ce que tu quittes…

  • Le regard des autres

    Ils me regardentcomme on jauge une braise,craignant qu’elle prenne feuou qu’elle s’éteigne trop vite. Ils me lisentdans une langue qui n’est pas la mienne,cherchant des fauteslĂ  oĂč je cherche mes ailes. Leurs yeux pĂšsent,ils veulent peser plus lourd que ma voix,ils veulent que je pliecomme une herbe sous la pluie. Mais je suis la tempĂȘtequi…

  • La brĂ»lure d’Ă©crire

    L’écriture est un feu qui ne dort jamais.Elle griffe sous la peau, rĂ©clame, insiste,comme une bĂȘte qui veut naĂźtre encoredans la gorge, dans les doigts, dans la nuit. C’est une faim qui ne se rassasie pas,un tambour qui cogne derriĂšre les cĂŽtes,un souffle qui cherche sa formeet refuse de mourir tant qu’on ne l’a pas…

  • Nourriture de l’Ăąme

    Je mange des silences,des Ă©clats de lumiĂšre tombĂ©s d’un regard,des mots qui tremblent encored’avoir traversĂ© la nuit. Je me nourris de ce qui ne s’achĂšte pas :une main posĂ©e sans bruit,un souffle qui dit reste,un souvenir qui refuse de mourir. Dans ma poitrine,les faims sont anciennes,elles rĂ©clament autre choseque du pain ou des promesses. Elles…

  • Le paraĂźtre

    Sous les vitrines claires oĂč s’alignent les visages,des sourires bien repassĂ©s pendent Ă  des cintres de lumiĂšre.Les regards, comme des vitrages polis,laissent passer la vue mais non le vertige. Les mots portent des costumes trop Ă©troits,ils Ă©touffent dans des phrases bien tenues.On se salue avec des mains de velours,mais les paumes restent fermĂ©es sur leurs…

  • Le savoir ĂȘtre

    Le savoir ĂȘtre, c’est une marche lente,un souffle posĂ© dans le vacarme des autres,une façon de tenir deboutsans Ă©craser, sans plier,en laissant l’ñme respirer Ă  hauteur d’humain. C’est l’art d’écouter sans disparaĂźtre,de parler sans mordre,de regarder le monde droit dans les yeuxsans lui demander la permission d’exister. C’est une douceur qui ne s’excuse pas,une fermetĂ©…

  • Sensible

    La sensibilitĂ©,c’est cette peau trop finequi entend les pas du mondeavant mĂȘme qu’il ne dĂ©cide de marcher.C’est un tremblement discretqui traverse la cage thoraciquecomme un oiseau qui refusede se laisser apprivoiser.C’est sentir les fissuresdans les voix des autres,les tempĂȘtes derriĂšre les sourires,les Ă©clats de verre sous les mots.C’est ĂȘtre traversĂ©e,ouverte,parfois trop,parfois mal,mais toujours vivante.La sensibilitĂ©,c’est…

  • Contre les meutes invisibles

    Ils tapent dans le noir,cachĂ©s derriĂšre des pseudos qui tremblent Ă  la lumiĂšre,des silhouettes sans couragequi transforment leurs peurs en projectiles.Ils pensent qu’un Ă©cran les absout,que la distance efface la violence,que leurs mots ne laissent pas de traces.Mais chaque message est une pierre,chaque moquerie un coup,chaque menace une tentative d’effacement.Nous, on refuse de disparaĂźtre.On refuse…

  • ColĂšre noire

    La colĂšre noire monte sans prĂ©venir,un fleuve d’encre qui dĂ©borde des veines,un tambour sourd qui cogne au fond du thoraxcomme si le cƓur voulait briser sa cage.Elle n’a pas de visage,juste une ombre qui s’étire,une bĂȘte qui griffe l’intĂ©rieurpour rappeler qu’on est vivant.Elle parle en Ă©clairs,en mots qui claquent comme des portes,en vĂ©ritĂ©s qu’on n’ose…

  • Le seum

    Le seum,c’est ce goĂ»t de mĂ©tal au fond de la bouche,un soleil noir qui cogne derriĂšre les dents.C’est marcher droit dans un monde de travers,tenir debout alors que tout pousse Ă  genoux. C’est la rage qui ne trouve pas sa porte,la colĂšre qui tourne en rond dans la cage thoracique,un tambour trop serrĂ©,un cri qui…