J’entre dans le silence.
J’y dépose mes peurs,
j’y dépose mon nom,
j’y dépose ce que le monde attend de moi.
Et dans ce silence,
quelque chose me reconnaît.
Ce n’est pas une pensée.
Ce n’est pas une idée.
Ce n’est pas un effort.
C’est une présence ancienne,immobile et vivante,
plus vaste que mes résistances,
plus douce que mes défenses.
Elle ne me demande rien que d’être vrai.
Alors je me tiens là,
nu devant l’invisible,et j’écoute.
J’écoute le désir profond qui monte
comme une eau pure
depuis la source oubliée.
Il ne vient pas du manque.
Il ne vient pas de la peur.
Il ne vient pas du bruit des autres voix.
Il vient de ce lieu secret
où mon âme a déjà répondu.
Il vient me rappeler
que je ne suis pas né dans l’ombre,
ni pour la moitié de moi-même,
ni pour les compromis de la cendre.
Je suis appelé.
Je suis appelé par une clarté
qui me dépasse,par une route
qui ne s’ouvre qu’à ceux qui consentent,
par une vérité qui ne se prouve pas,
mais se reçoit.
Alors je dis oui.
Oui à ce qui me traverse.
Oui à ce qui me dépouille.
Oui à ce qui m’élève en me brûlant.
Oui à la joie qui tremble.
Oui à la peur qui veille.
Oui au passage.
Car il est saint de ne plus se mentir.
Il est saint de suivre sa voix intérieure.
Il est saint de quitter l’ancienne peau
pour marcher vers son soi véritable.
Que ma route soit pure.
Que mon cœur demeure ouvert.
Que mon pas ne trahisse pas l’appel.
Je ne cherche plus à paraître.
Je cherche à servir la lumière qui m’a choisi.
Et si je dois perdre les formes rassurantes,
les gestes appris,
les illusions tenaces,
qu’il en soit ainsi.
Je consens au réel.
Je consens aux échecs et réussites.
Je consens de devenir ce que j’ai toujours su.


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