Il y a dans mon esprit un vent qui ne dort jamais,
une bourrasque qui soulève les heures,
détricote les secondes, et peint les minutes à contretemps.
Chaque pensée est une étincelle qui refuse le repos,
une comète tournoyant dans un ciel trop étroit.
Je cherche la ligne, la trace, le fil,
mais la trame s’enfuit, rieuse, sous mes doigts.
Mes idées s’entrechoquent, se croisent,
elles bruissent comme des feuilles dans un orage.
Tout brille, tout m’appelle, tout me parle.
J’aimerais parfois fermer la porte du tumulte,
éteindre le projecteur intérieur,
laisser le monde respirer en silence.
Mais le calme, je le trouve rarement —
il me fuit comme un mot au bord des lèvres.
Et pourtant…
au milieu du déluge, un phare persiste,
une clarté rare, vibrante, têtue.
L’énergie débordante devient vision,
la distraction, une autre manière de voir.
Quand je crée, quand le flot devient rivière,
tout s’aligne, tout danse avec moi.
Mon chaos se transforme en constellation,
et le bruit devient rythme, poème, feu.
Toi, le trouble, tu es mon tourbillon et mon miroir,
mon remue-monde et ma blessure fertile.
Dans chaque oubli, tu caches une étincelle,
dans chaque détour, une promesse nouvelle.
Je ne suis pas ton désordre,
je suis ton écho vibrant, ton langage mouvant.
Je ne guéris pas de toi, je t’apprends.
Et lorsque le monde me croit éparpillé,
je suis, en vérité, mille chemins à la fois.



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