Dans le brouillard des heures où les murs mouillent le silence,
une pendule pèse des secondes comme des plumes de plomb.
Les fenêtres respiraient des soupirs gris, des nuages encrés
qui scellent les rires au fond des tiroirs oubliés.
Le vent porte un manteau de poussière sur les épaules des regrets,
et chaque pas réveille une radio des souvenirs éteints.
Sur la table, une horloge sans aiguilles contemple la pluie
comme un lac qui refuse de s’égoutter, patient et lourd.
Au cœur, une lampe ternie tente de revoir la lumière,
mais sa voix est une corde qui rompt avant le lever du jour.
Les couleurs s’effilent en traces d’ocre et de nacre fatiguée,
et l’air porte un parfum de charbon de bois et de papier mouillé.
Mais dans cette ambiance morose qui palpite comme une terre battue,
naît une frange fine, invisible, qui griffe le silence:
une idée, fragile, qui s’accroche à l’écho d’un pas,
et dit, sans paroles, « peut-être que demain apprendra à parler ».
Si le monde est une pièce où retentit un voile de pluie,
la morosité devient une porte entrouverte vers une autre clé :
celle qui glisse dans le cœur pour laisser passer une flamme
minuscule, obstinée, prête à flotter au-dessus des ombres.
Souviens-toi, même sous le ciel le plus terne et lourd,
chaque couleur rêve encore, même en secret, d’un retour.
Et lorsque l’illisible se met à écrire sur les murs gris,
l’espoir, discret, se faufile.
Rejoins moi sur instagram



Répondre à Aurel Auteure Annuler la réponse.