Amis, ne pensez point qu’on vous écrit ces lignes
Pour prendre votre temps. Il faudrait être indigne,
Ignorant et bien sot, pour ne pas reconnaître
Le sérieux du sujet, et, pour ne pas admettre
Qu’il n’est rien, nulle part, plus digne d’attention,
D’examen attentif et de réflexion,
Que l’étude du  » Soi « .
Se connaître soi-même !
N’est-ce pas, franchement, le plus beau des problèmes ?
Savoir ce que l’on est, ce qu’on fût, d’où l’on vient,
Le pourquoi de la vie et ce que l’on devient ;
Le fil mystérieux qui lie nos destinées
Au silence profond du Ciel illuminé ;
Pénétrer les secrets de la belle nature,
Et découvrir, enfin, cette grande Figure
D’où nous dépendons tous, en qui tout se résume,
N’est-ce pas un sujet, digne de notre plume ?
Ne nous repoussez pas, entendez ce que dit
L’esprit qui vient parler de ce beau Paradis
Qu’il peut étudier, qu’il commence à connaître,
Quoique bien éloigné de l’enseigner en maître.
Nous ne descendons pas du séjour des élus
Pour abuser de vous, égarer la vertu,
Mais bien pour l’affermir, ranimer vos courages,
Dans cette courte vie qui n’est qu’un dur passage
Parsemé d’amertumes, de dégoûts et de joutes,
Où le pire ennemi se trouve dans le doute.
Non, nous ne trompons pas ; vous pouvez écouter.
Nous sommes les enfants de cette vérité
Qui sans cesse envahit, lumineuse et féconde,
Des flots de sa lumière, quelques-uns de ces mondes
Où règne encore l’erreur. Notre mère suprême,
Pour vous tromper, devrait se tromper elle-même.
Il faudrait que le Ciel fût tout entier complice
Et que nous conspirions, tous, pour votre supplice.
Mais, rentrez-en vous-mêmes ; réfléchissez un peu,
Et vous verrez bientôt qu’ici, dans ces beaux Cieux,
Où sont ces doux rayons qui portent la lumière
A votre pauvre monde, et vers qui vos prières
Montent incessamment ; dans ces plaines d’azur
Où règne l’harmonie ; où tout est amour pur,
Désintéressement, charité pour ses frères ;
Où rien ne se produit sans l’agrément du Père ;
Il n’y saurait avoir personne de capable
De se moquer d’autrui, de tromper son semblable,
Parce que celui-là, croyez ce que j’en dis,
N’aurait point pénétré dans ce beau Paradis.
Il serait à l’endroit où souffrent les méchants,
Et de ces vérités il serait ignorant.
Quel intérêt, d’ailleurs, aurions-nous à le faire ?
Vous tromper ! Mais, pourquoi ? Par hasard votre terre
N’est-elle fille du Ciel ? Est-elle condamnée
A vivre dans l’erreur ? Serait-elle donc née
Pour rester dans le doute qui l’étouffe et la glace ?
L’aurait-on destinée à piétiner sur place ?
Mais ! Qu’aurait-elle fait, pour que le Créateur
Usât, vis-à-vis d’elle, avec tant de rigueur ?
Lui si bon ! Lui si tendre avec ses créatures !
Qui n’en laisse pas une aller à l’aventure ;
Qui les embrasse toutes dans un égal amour
Et les fait avancer toujours, toujours, toujours !
Non, non, cela n’est pas ; votre sort n’est point tel,
Vous ne méritez pas ce châtiment cruel
De rester, pour toujours, plongés dans l’ignorance,
Et Dieu vient au secours de votre pauvre science.
Que feriez-vous sans Lui ? Quel recours auriez-vous ?
Toujours vous tourneriez comme le fait la roue,
Autour de son essieu, ne pouvant avancer,
Sans le bras de levier qui la fait s’élancer.
Il faut que ce soit Lui, qui vous aide à sortir
De l’ornière profonde prête à vous engloutir,
Creusée par vos passions, désordonnées et viles,
Par vos vices honteux et par vos mœurs serviles ;
Qui vous fasse marcher, vous tenant par la main
Pour vous sauver du gouffre, vous remettre en chemin ;
Car, sans Lui, vous iriez tout droit au précipice
Et vous mouriez, bientôt, étouffés par vos vices.

Photo de Rafael Cerqueira sur Pexels.com

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2 réponses à « Les Esprits, fils de la Vérité, ne peuvent pas tromper ; Dieu les envoieau secours de la science. »

  1. Avatar de Julien Leconte

    foi et élégance ! bravo <3

    J’aime

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