Un ruisseau descendant de la verte colline,
A la brise embaumée, à la blanche aubépine,
Murmurait ses chastes amours.
Un enfant résolut d’en arrêter le cours.
Dans quel but ? Passe-temps, suffisance, caprice ;
Peut-être bien aussi quelque grain de malice,
Qui n’a pas ses travers ?… D’abord, dans le ruisseau,
Camille plie en deux un flexible roseau,
Sur l’arbrisseau roule une pierre ;
Les lie adroitement d’une chaîne de lierre ;
A l’aide d’un torchis de terre et de gazon,
De l’un à l’autre bord bâtit une cloison.
A la fortifier, longtemps il se fatigue.
Et puis dans son travail, l’ouvrier s’admira.
Vaincu ! s’écria-t-il ; mais culbutant la digue,
Le ruisseau répondit : – Enfant, l’eau passera !
Le ruisseau du spirite est la sainte doctrine ;
Voyez… elle s’étend paisible, cristalline,
Prodiguant ses bienfaits. Et l’enfant ?
Entre nous, Messieurs les esprits forts, le pauvre enfant, c’est vous.


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