Sondant les profondeurs de la voûte azurée,
Dans sa nacelle d’or de globes entourée,
Grave, silencieux au milieu de sa cour
Jupiter voyageait un jour.
Parfois il soupirait. Reine dans l’art de plaire,
Vénus discrètement cherchait à le distraire ;
Pour le distraire, en vain Apollon radieux
Confiait aux zéphyrs ses chants mélodieux.
Hébé versait ; près d’elle insistant avec grâce
Mercure exécutait des tours de passe-passe.
Enfin ! dit Jupiter, j’ai trouvé l’ennemi ;
Je suis mécontent des planètes ;
Tous mes ordres là-bas passent pour des sornettes.
Sire, reprit Vénus, vous avez mal dormi ;
L’univers rend hommage à votre omnipotence,
Mais l’univers vagit encor dans son enfance ;
Soyez bon pour le nouveau-né ;
Un jour… Peut-être un jour je serai détrôné !
De la raison je sens la dangereuse amorce ;
La raison… la vois-tu venir ?
On vieillit même aux cieux ; et par un coup de force
Je désire me rajeunir.
Ma foudre !… Trop souvent de ma foudre on se joue ;
Ma foudre ! Plus longtemps je ne puis reculer.
Et puis, enfant, s’il faut que je l’avoue,
Ce n’est pas sans orgueil que je l’entends rouler ;
Ma foudre ! Il l’ébranla, mais sans rien ébranler.
Jupiter mourait alors… Je le dis sans mystère,
Ainsi des nouveaux Dieux les foudres passeront ;
Gloire à Dieu ! Quand Dieu nous éclaire
Les Dieux s’en vont.

Photo de Engin Akyurt sur Pexels.com

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