Amis, pour ma franchise ayez quelque indulgence.
Dans le creux d’un vieux chêne, à l’abri de l’hiver,
Un jour le Milan et le Ver,
En vrais amis, causaient de leur toute-puissance.
Quant à moi, disait l’emplumé,
De mon rôle j’ai le courage.
De membres palpitants, mon trône est parsemé ;
Tout tremble autour de moi ; donc, je gouverne en sage.
De la pitié… vraiment ! Les lièvres, les lapins,
Les grives, les perdreaux naissent pour mes festins.
Tu peux voir mon aile et ma serre !
En plein soleil, je fais mes quatre volontés.
Moi, répondit le Ver, je gouverne sous terre ;
Mais le sein de la terre a bien ses voluptés :
Dans les sentiers obscurs où le destin me pousse,
Comme vous, je suis roi ; sans crainte, sans secousse,
Loin des regards jaloux, je marche… et, par monceaux,
La tombe me fournit mes plus friands morceaux.
Que m’importe l’éclat dont le tyran s’honore !
Il dévore les siens, et moi… je le dévore.
L’emplumé ne dit mot. Potentats orgueilleux,
Répondez : « Quel était le plus puissant des deux ? »

Photo de Sippakorn Yamkasikorn sur Pexels.com

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