Ici repose
tout ce qui blessait en silence.
Les paroles qui piquaient,
les regards qui jugeaient,
les gestes qui prenaient racine
dans nos failles les plus tendres.
Ici s’éteignent
les présences lourdes,
les liens qui étranglaient,
les attentes qui dévoraient
jusqu’à nos propres contours.
Qu’on grave dans la pierre
que nous avons choisi de vivre.
Que nous avons choisi
de respirer autrement,
de ne plus tendre la joue
aux tempêtes qui ne nous appartiennent pas.
Sous cette terre
dorment les ombres anciennes,
les poisons subtils,
les fatigues qui n’avaient pas de nom.
Au-dessus,
la lumière recommence son travail.
Elle recoud les fissures,
elle rouvre les fenêtres,
elle rend au cœur
sa manière simple
de battre pour lui-même.
Quiconque lira ces mots
saura que nous avons survécu.
Que nous avons laissé mourir
ce qui n’était pas nous,
pour que naisse enfin
un espace où l’on respire,
où l’on se tient droit,
où l’on se choisit.
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