La nuit n’a jamais un seul visage.
Elle se colore de ce que je porte,
elle emprunte mes ombres,
elle reflète mes silences.
Parfois elle s’étire en douceur,
comme une couverture tiède
qui me laisse respirer.
Parfois elle se resserre,
plus dense, plus proche,
comme si elle voulait entendre
ce que je ne dis pas.
Elle change de teinte
au moindre battement intérieur :
un souvenir,
et elle bleuit.
Une peur,
et elle se contracte.
Un désir,
et elle s’ouvre.
Dans cette nuit caméléon,
tout devient plus clair.
Les contours se déplacent,
les vérités remontent,
les illusions perdent leur forme.
Et moi,
au centre de cette obscurité vivante,
je découvre ce que je suis
quand plus rien ne me protège
de moi-même.
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