Parfois,
le miroir parle avant moi.
Il révèle une fissure,
un tremblement,
une lumière déplacée
que je n’avais pas encore nommée.
Il me montre
ce que je n’étais pas prête à voir :
un regard qui a vieilli d’un seul coup,
une force qui revient,
ou une fatigue qui ne ment plus.
Le reflet ne prévient jamais.
Il tranche.
Il expose.
Il devance.
Et dans ce « trop‑tôt »,
il y a une forme de grâce :
la vérité arrive avant la chute,
avant le déni,
avant le mensonge que j’aurais pu me faire.
Alors je reste là,
face à cette image impatiente,
et j’apprends à reconnaître
ce que je deviens
avant même de l’être.
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