Le sol reverdit ; l’hiver fuit ; l’oiseau chante ;
Le ruisseau des bois s’est remis à courir ;
Le chêne bourgeonne, et le sillon fermente :
Quelques jours encore, et la fleur va s’ouvrir.
Tout semblait mort sous la glace et le givre.
Vieillards, voyez ! La mort n’est qu’un sommeil.
Qu’a-t-il fallu pour faire tout revivre ?…
Il n’a fallu qu’un rayon de soleil.
Le sol reverdit ; l’hiver fuit ; l’oiseau chante ;
Le ruisseau des bois s’est remis à courir ;
Le chêne bourgeonne, et le sillon fermente :
Quelques jours encore, et la fleur va s’ouvrir.
La mort n’est qu’un anneau de la chaîne.
Je t’ai compris, au froid réparateur !
La fleur périt, c’est pour former la graine ;
Le grain semé reformera la fleur.
Le sol reverdit ; l’hiver fuit ; l’oiseau chante ;
Le ruisseau des bois s’est remis à courir ;
Le chêne bourgeonne, et le sillon fermente :
Quelques jours encore, et la fleur va s’ouvrir.
Bourgeon naissant, tu vis tomber la feuille ;
Elle remonte en sève, et te nourrit.
Ainsi chaque âge, en l’épurant, recueille
L’esprit ancien qu’il féconde et mûrit.
Le sol reverdit ; l’hiver fuit ; l’oiseau chante ;
Le ruisseau des bois s’est remis à courir ;
Le chêne bourgeonne, et le sillon fermente :
Quelques jours encore, et la fleur va s’ouvrir.
− Oui, tous les ans, la fleur se renouvelle ;
La sève monte, et la tige grandit ;
Mais cette fleur est une fleur nouvelle ;
L’autre est bien morte… − Eh ! qui donc te l’a dit ?
Le sol reverdit ; l’hiver fuit ; l’oiseau chante ;
Le ruisseau des bois s’est remis à courir ;
Le chêne bourgeonne, et le sillon fermente
Quelques jours encore, et la fleur va s’ouvrir.
Vois-tu, là-bas, où la brise l’emporte,
Ce papillon tout saturé de miel ?
Ne dis-tu pas que la chenille est morte ?
Tiens ! La voilà qui se perd dans le ciel.
Le sol reverdit ; l’hiver fuit ; l’oiseau chante ;
Le ruisseau des bois s’est remis à courir ;
Le chêne bourgeonne, et le sillon fermente :
Quelques jours encore, et la fleur va s’ouvrir.


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