Dans l’ombre d’un trait trop pressé,
Un visage éclate, s’étire, s’enfle,
Comme si la vérité, soudain vexée,
Décidait de se montrer sans fard, sans temple.
Un nez s’allonge, un front s’exagère,
Les défauts deviennent des drapeaux,
Et l’orgueil, ce vieux militaire,
Défile en uniforme trop gros.
La caricature, sœur impertinente,
Cueille nos tics comme des fleurs,
Les assemble en gerbe insolente
Et nous les tend, rieuses lueurs.
Elle grossit pour mieux révéler
Ce que l’on cache sous les manières,
Elle dénude, elle désossée,
Elle rit de nos airs de pierre.
Sous son rire un peu carnassier,
Elle mord, mais jamais sans raison.
Elle dit tout ce qu’on tait,
Elle perce l’armure, la leçon.
Car dans ce miroir disproportionné
Où l’on croit voir un autre, un étranger,
C’est nous, en vérité, qui grimace,
Nous, dans notre version la plus audace.
Et si parfois l’on s’en offusque,
C’est que le trait a touché juste
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