Dans le monde, connu pour son humeur rétive.
Ses oreilles, sa voix et sa ténacité,
Grand docteur, un âne bâté
Jadis, apostrophait une locomotive.
La machine était au repos.
« De Castor, disait-il, si j’en crois les propos,
Tu traînes, sous le choc d’une habile manœuvre,
Plus rapide que l’air, cette immense couleuvre,
Ces fardeaux entassés, ce village de bois…

C’est folie ! au miracle on put croire autrefois.
Les temps sont bien changés… bien roué qui me berne ;
Je ne prends pas un blé pour un champ de luzerne,
Ni le trèfle pour le sainfoin.
Avec tes pieds de fer on ne va pas très loin.
J’ai ma règle : au bon sens heureux qui se confie.
Toi, marcher sans chevaux, sans nous… Je t’en défie ! »
Castor, qui l’écoutait, insista. − Le grison,
Pour dernier argument, l’étendit sur le sable.
Et Castor expia le tort impardonnable :
Celui d’avoir trop tôt raison.
L’Âne, on vient de le voir, n’est pas toujours aimable.
Vous avez de son pied longtemps subi l’affront,
Mortels, dont le génie illumina le front !…
C’est à vous que j’adresse et mon cœur et ma fable.

Photo de Nilina sur Pexels.com

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