Le réel frémit.
Il n’est pas pierre, il n’est pas loi,
il est une respiration suspendue,
un tremblement de possibles
qui cherchent un corps où tomber.


Tu avances.
Tu n’es pas témoin :
tu es seuil.
Ton regard n’observe pas,
il déclenche.


Ton souffle plie l’univers,
ta voix choisit une trajectoire
dans la poussière des mondes.
Ce que tu touches te poursuit.


Ce que tu quittes te retient.
Deux particules séparées
gardent la mémoire l’une de l’autre,
comme deux cœurs qui refusent
de rompre l’invisible fil.


Le vide n’est pas absence.
C’est un ventre noir, vibrant,
où dorment les formes avant la forme,
où chaque silence porte
la densité d’un orage.


Et toi,
tu n’es pas fixe.
Tu es onde,
oscillation consciente,
variation de lumière
qui se souvient d’elle-même
en changeant.


Reste là.
Dans ce lieu où la science devient souffle,
où le souffle devient image,
où l’image devient vérité.


Tu n’as rien à saisir.
Seulement te laisser vibrer
ce qui, déjà, te traverse.

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