Je vous présente Azor… Je ne saurais mieux faire.
Son œil intelligent respire la bonté.
Il pourrait au besoin, étaler pour vous plaire,
Ses talents de société.
Mais savez-vous pourquoi je l’estime et le loue ?
C’est qu’il remplit sa tâche, enfermé dans sa roue.
C’est là qu’il faut le voir, à jeun le plus souvent
Pour servir un maître qu’il aime,
S’élancer, rouler sur lui-même,
Retomber et jeter ses pattes en avant.
Un jour il mangeait dans sa niche
Le pain, de ses labeurs salaire mérité.
Un mendiant passa : − « Te voilà, beau caniche,
Je devrais du bâton rabattre ta fierté ;
Tu baises, noble chien, la main qui te caresse,
Qui te donne de bons morceaux.
Pour moi… le froid dédain, ce regard qui me blesse…
Ce brouet qu’on jette aux pourceaux !
Cela ne peut durer. » − « Ami, pas d’insolence,
Lui répondit Azor, et sans déguisement ;
La pitié qui te fuit, ce dédain qui t’offense
Sont de tes jours passés le juste châtiment.
Moi, je tiens du travail mes titres de noblesse.
Tu croupis dans la fange et dans l’oisiveté.
Travaille !… et de ma bouche apprends que la paresse
Est la mère du vice et de la pauvreté. »


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