Il faut abandonner cette méthode usée,
Vieille comme le temps, et l’inutiliser.
De nos jours, on ne peut continuer de la sorte.
Vous êtes trop nombreux ! La misère est trop forte !
Ne jetez pas de l’huile sur la cendre qui fume !
Mettez-y donc de l’eau pour qu’elle ne rallume,
Et que tout soit fini ! Vous courriez grand danger
D’être les uns les autres à la fois égorgés,
Si le tison des guerres s’enflammait de nouveau ;
Car, ce serait, bien sûr, le moindre des fléaux
Qui vous ravageraient ici-bas sur la terre.
Voulez-vous, mes amis, voir finir vos misères
Et les voir s’achever du mode le plus prompt
Qui donnera à tous la satisfaction
La plus belle, la plus sûre, comme la plus durable ?
Voulez-vous échanger votre état misérable,
Où tout est si précaire, tout souffre et tout périt,
Contre un lieu de délices, toujours frais et fleuri ?
Cessez de regarder ici-bas sur la terre,
Qui n’est qu’une demeure bien courte et passagère,
Faite pour votre corps, non point pour votre esprit !
Reportez vos regards vers le ciel, la Patrie !
Étudiez, enfin, nos doctrines si saintes
Qui calment les douleurs et tarissent les plaintes,
Enseignant, à chacun l’amour, le dévouement,
Et vous portant à tous le vrai contentement !
Mettez-les en pratique ! Vous verrez que personne
Ne s’élèvera plus contre aucune couronne !
Car, tout deviendra juste, sera plus équitable,
On ne trouvera plus aucun fait punissable.
Vous verrez que, bientôt, les hommes s’aimeront
Au lieu de se haïr, qu’ils se protégeront.
Rien que l’amour chez eux ; nulle part de l’envie !
Chacun saura pour tous sacrifier sa vie.
Si vous saviez, mes frères, ce qu’il est doux de vivre
Dans cet état de paix ! Quel n’est pas le délire
De ces âmes bénies qui savent s’oublier
Pour penser au prochain, toujours se sacrifier !
C’est une satisfaction, bien douce et bien touchante,
Qu’aucune autre n’égale ! Que seule l’âme aimante
Apprécie et connait !
Oh ! Pourquoi faut-il donc
Que les hommes s’amusent à faire des canons,
Pour s’entre-déchirer, se créer des misères ?
Ils seraient bien heureux ici-bas sur la terre,
Au lieu de se combattre, s’ils savaient tous s’aimer !
Leur enfer cesserait ! Ils y vivraient charmés !
Oui ! Pourquoi donc chercher à nuire à son prochain ?
A troubler son repos ? Lui rendre amer son pain ?
A lui faire, en un mot, la vie plus difficile,
Soit le tyrannisant, soit le rendant servile ?
— Toutes choses d’ailleurs, qui réclament souvent
De bien durs sacrifices et de bien grands tourments. —
Pourquoi l’homme, au contraire, ne travaille-t-il pas
A soulager son frère, à l’aider ici-bas


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