Frères, je le répète, il est temps de changer
Et d’écouter la voix des amis, plus rangés,
Qui vous crient, sans cesser, du fond de cet espace,
Où vous avez aussi vous-mêmes votre place :
» Nous ne sommes point morts ; nous suivons vos travaux ;
Nous vous aidons toujours. Oh ! Que le ciel est beau !
Il n’est pas de néant, car la vie est partout.
Comprenez-nous, enfin, et joignez-vous à nous. «
Voilà ce que demandent vos frères de l’espace
Qui peuvent voir ici les choses face à face,
N’ayant plus à traîner cette lourde prison,
Qui vous empêche, à vous, de sonder l’horizon.
Si vous saviez, amis, de quel sublime amour
On vous entoure ici ! Car, dans notre séjour,
Ce sentiment est pur, délivré de tout fiel,
Ne ressemblant en rien à votre amour charnel.
Il n’est pas un de vous, à chaque instant, partout,
Qui ne soit surveillé par quelqu’un d’entre nous
En dehors du bel ange que Dieu vous a donné,
Pour guider votre vie et pour vous dominer,
Vous avez vos amis, vos parents et vos frères
Qui ne cessent d’aller près de vous sur la terre.
Ils sont présents, partout, sans que vous les voyez,
A vos occupations, comme à votre oreiller ;
Partageant vos travaux qu’ils suivent avec passion,
Vous donnant leurs idées, par des intuitions
Que vous croyez à vous ;
Prenant part à vos jeux,
S’y mêlant franchement sans se montrer aux yeux,
Ecoutant vos converses, vos plaintes et vos chants,
Vivant de votre vie, en un mot, pleinement,
Contents de votre joie et chagrins de vos peines,
Heureux quand ils ont pu trouver la bonne aubaine,
De pouvoir, par leurs fluides, glisser quelque pensée,
Soit touchant l’avenir, ou soit sur le passé.


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