Heureux le Christ, martyr qui, pour ses frères,
Sut patiemment souffrir et monter au Calvaire !
Ses terribles tourments, sa couronne d’épines
Ont posé sur son front l’auréole divine ;
Et, radieux aujourd’hui parmi les Chérubins,
Les feux de son amour n’ont plus aucune fin.
Combien sont-ils de Christ, dans cette immensité ?
Le nombre en est, sans doute, difficile à compter,
Car, ils sont répandus dans tout le firmament,
L’embrassant tout entier et partout l’animant,
Unis étroitement, fils de la vérité,
Dans le même désir, la même volonté,
Celle de plaire à Dieu, le servir chaque jour
Avec plus d’énergie, un bien plus grand amour.
Ce nombre, quel qu’il soit, n’admet pas de limite :
Il augmente, à mesure qu’un de nous le mérite
Par ses vertus, donnant au profit de ses frères,
Et par pur dévouement, la vie toujours si chère,
Et préférant mourir des plus noirs châtiments,
Plutôt que d’abjurer la foi qui le fait grand.
Telle est la vérité : nous serons tous un jour,
Si loin que cela soit, des Christ à notre tour.
Il faut arriver là, car le bonheur suprême,
Que Dieu créa pour tous et non point pour les mêmes,
Ne se peut conquérir qu’à la condition
D’accepter, nous aussi, de subir » la Passion «
Et de donner un jour notre sang innocent,
Comme le fit le Christ, en faveur des méchants.
Combien cette œuvre est grande ! Que l’âme est rajeunie,
Devant ce beau spectacle de splendeurs infinies ;
Devant cette harmonie, incessante et profonde,
Qui monte si suave du sein de tous ces mondes ;
Devant cette justice, adorable et sublime,
Qui ne veut de bonheur que pour les vraies victimes,
Et nous fait arriver tous au même degré
Par les mêmes efforts et les mêmes progrès ;
En face de l’amour puissant, irrésistible,
Qui nous subjugue tous, auquel rien n’est pénible,
Véritable levier qui soutient l’Univers
Eclairant de ses feux l’harmonieux concert !
Et, si l’on savait tout : si l’on pouvait tout voir !
Mais chacun ne conçoit et ne peut percevoir,
Dans les riants tableaux de ce beau firmament,
Que suivant ses mérites et son avancement.


Laisser un commentaire