Je porte une nuit qui ne dort plus,
une nuit sans étoiles, sans refuge,
où chaque pensée traîne ses chaînes
comme un fantôme trop lourd pour disparaître.
La fatigue émotionnelle,
c’est un désert qui s’installe derrière les yeux,
un sable noir qui racle les paupières
et étouffe les élans avant même qu’ils naissent.
On avance quand même,
par inertie, par mémoire,
comme un corps qui continue de marcher
alors que l’âme s’est assise au bord du chemin.
Il n’y a pas de cri,
pas de drame,
juste une lente érosion du dedans,
un effritement discret
que personne n’entend tomber.
Et pourtant,
au fond du gouffre,
une braise minuscule persiste,
un point rouge, fragile, insolent,
qui refuse de mourir
même quand tout le reste a déjà renoncé.
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