Sous les vitrines claires où s’alignent les visages,
des sourires bien repassés pendent à des cintres de lumière.
Les regards, comme des vitrages polis,
laissent passer la vue mais non le vertige.
Les mots portent des costumes trop étroits,
ils étouffent dans des phrases bien tenues.
On se salue avec des mains de velours,
mais les paumes restent fermées sur leurs tempêtes.
Sur la place du monde, chacun promène son reflet
comme un miroir ambulant,
craignant qu’une fêlure n’y laisse voir
la chambre obscure derrière les yeux.
Le paraître est un théâtre sans coulisses :
on joue même lorsque la salle est vide.
Les applaudissements imaginaires
sonnent plus fort que le silence de son propre cœur.
Pourtant, au bord d’un geste maladroit,
d’une larme qui oublie son rôle,
un éclat de vrai se risque à déborder
les lignes bien tracées du visage.
Alors le masque, soudain, devient trop lourd.
Il glisse, lentement, comme une feuille morte,
et sous la peau décorée de convenances
on découvre un tremblement nu.
Ce jour-là, le paraître se tait.
Il comprend qu’il n’a jamais protégé personne,
qu’il n’était qu’un drap posé sur l’inconnu
par peur de la beauté brute de l’être.
Et dans ce silence sans décor,
un souffle simple se met à vivre :
ce n’est plus l’image qui avance dans le monde,
c’est l’âme, enfin, qui se laisse voir.
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