Ils disent : « Va plus vite !
Optimise ton souffle,
rentabilise ton café,
transforme ton sommeil en performance. »
Alors le monde court,
pieds nus sur des tapis roulants,
à la poursuite d’un trophée invisible
qu’on appelle efficacité.
On coche des cases,
on remplit des tableaux,
on célèbre des victoires minuscules
comme « répondre à un mail »
ou « ne pas mourir aujourd’hui ».
On applaudit les agendas pleins,
les cerveaux saturés,
les vies compressées
dans des cases de quinze minutes.
Et quand quelqu’un ose dire :
« J’ai besoin de respirer »,
on lui répond, très sérieux :
« Programme ça dans ton planning. »
Pendant ce temps,
les arbres prennent leur temps,
les chats dorment sans culpabilité,
et les nuages avancent
à la vitesse exacte de leur envie.
Mais nous,
héros modernes,
nous continuons la course,
fiers comme des coqs mécaniques,
jusqu’à ce que nos batteries internes
clignotent en rouge.
Alors seulement,
on se souvient
que la productivité
n’a jamais écrit un poème,
n’a jamais aimé quelqu’un,
n’a jamais sauvé une âme.
Mais chut !
ne le dis à personne.
Ça pourrait ralentir le système.
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