Dans la chambre close,
Le temps se fend sur les volets.
Des heures muettes osent
Frôler le lit, s’arrêtent discret.
La maladie s’installe sans mot,
Dans l’ombre, elle plie le silence,
Elle tisse un drap chaud
Sur le sommet d’un souffle immense.
Le matin rôde, pâle et flou,
N’apporte ni promesse ni plainte,
Les gestes lents, accrochés au cou
De la torpeur qui feinte.
Sur la table, un verre oublié
Reflet d’une insomnie ancienne,
Des pilules posées,
Petites lunes, fileuses de semaines.
La fenêtre hésite, laisse passer,
Un filet d’air, un bruit du dehors,
Mais tout s’amenuise à l’intérieur,
Sauf ce temps qui s’accroche au décor.
La fatigue, infime, s’infiltre
Dans le moindre des plis du corps,
Parfois une pensée s’effrite,
Parfois une vague d’accord.
Et puis, il y a les voix brouillées
Des proches, douceurs atténuées,
Leur visage flottant sous la brume,
Comme un rêve qui s’allume.
La maladie ne promet rien,
Elle repousse les horizons,
Au-dedans, elle peint le lendemain
Avec la grisaille des saisons.
Mais le soir, dans la pénombre,
Quand tout bruit s’est dissous,
Il reste cette ombre
Qui veille, et fait le tour du cou.
Rien ne se dit, tout s’éprouve,
Le souffle court se répète,
Le monde dehors s’écoule,
Ici, la maladie s’arrête
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