Ils entrent sans bruit, à l’aube grise,
Le cœur encore en sommeil,
Le regard noyé dans les chiffres,
Les gestes déjà enchaînés.
Leurs pas résonnent dans les couloirs froids,
Où le temps ne s’arrête jamais,
Où les secondes sont comptées,
Comme les soupirs qu’on ravale en secret.
Leur nom ? Un matricule.
Leur voix ? Un murmure dans le vacarme.
Leur fatigue ? Un détail qu’on efface
Sous des sourires de façade.
On leur parle de performance,
De rentabilité, de croissance,
Mais jamais de repos,
Jamais de reconnaissance.
Ils courbent l’échine sous des tâches absurdes,
Des réunions sans fin, des urgences fabriquées,
Ils avalent des cafés brûlants
Comme des remparts contre l’épuisement.
Leur vie devient un tableau Excel,
Où les rêves ne trouvent plus de cellule,
Où les passions sont des colonnes vides,
Et les émotions, des erreurs à corriger.
Mais parfois, dans un souffle volé,
Ils se rappellent qu’ils sont vivants,
Qu’ils ont des enfants qui les attendent,
Des livres qu’ils n’ont pas lus,
Des soleils qu’ils n’ont pas vus.
Alors naît une révolte douce,
Un refus de se taire, de plier,
Un désir de reprendre le fil
De leur propre humanité.
Car l’exploitation n’est pas une fatalité,
C’est une injustice qu’on peut nommer,
Combattre, dénoncer,
Et transformer en dignité.
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