Quand le soir, lentement, s’allonge sur la terre,
Et que s’éteignent les feux du jour ordinaire,
La brise murmure au creux des champs endormis,
Un chant si calme qu’il efface tout bruit.
Les feuilles frémissent d’une douce prière,
Comme si le monde, d’un souffle éphémère,
S’inclinait humblement devant l’ombre qui vient,
Cette reine silencieuse aux pas anciens.
Le corps s’abandonne, l’esprit se délivre,
De son poids d’instants qu’il ne peut plus suivre.
Les paupières tombent comme des rideaux de velours,
Refermant la scène du dernier jour.
Alors, dans le clair-obscur des songes,
S’ouvre un royaume que nul ne dérange,
Où le temps s’efface, où la raison se tait,
Et où l’âme voyage sans contrainte ni regret.
Les plaines y flottent sur des mers de vapeur,
Et les astres s’y étirent, pleins de lenteur.
Les rivières y roulent des perles de lumière,
Et la rosée s’y fond en poussière.
Le dormeur devient oiseau, arbre ou nuage,
Changelant de peau au gré du passage,
Il traverse des mondes nés d’un souffle léger,
Que l’aube, fidèle, viendra dissiper.
Mais avant que l’horizon ne se lève,
Avant le retour du tumulte et des rêves brisés,
Le sommeil, généreux gardien de trêve,
Referme d’un geste les pensées épuisées.
Et dans cet instant suspendu, presque réel,
Le cœur repose, simple et essentiel.
Plus de peur, plus de voix, plus de frontières,
Seulement la paix, vaste et légère.
Puis le jour s’avance, doré et lent,
Posant ses pas sur le monde absent.
Les yeux s’entrouvrent, l’air paraît neuf,
Et dans le silence, un souffle se relève.
Ô sommeil, frère du mystère,
Complice secret des âmes passagères,
Garde encore au fond de nos nuits,
Ta promesse douce : un peu d’oubli.
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