Une ombre se penche, lumineuse et aimante
Sur un corps fatigué, que la vieillesse voûte ;
D’une lèvre tremblante
Et pathétique, ce vieillard doute

La frayeur saisit, au bord du gouffre,
Le crime comme la vertu
L’âme se tord et souffre
Lorsqu’elle se sent mise à nue

Et la tombe scrute cette profondeur :
L’homme
Et sans erreur
Du mal et du bien fait la somme

Que peut on cacher à cet œil inouï !
Sous sa paupière, il y a les étoiles
Il y a l’aurore, il y a l’infini
La chair est un voile

Bien mince pour cette pupille énorme
Voyant tout, même ce que l’on se cache
Des courbures de l’âme la plus difforme
Aux ailes d’une mouche que l’on arrache

Ce vieillard a peur et s’interroge
Sentant la vie le fuir, n’être plus qu’une lueur
Il entend souffler la forge
Où se forge sa dernière heure

Alors les larmes de joie et toutes les malédictions
Les cris de haine et toutes les prières en sa mémoire
Résonnent ; chaque visage retrouve son nom
Chaque nom retrouve son histoire

Et devant cette cascade de souvenirs
L’âme à genoux se désaltère
Il ne reste plus qu’à mourir
Rendre le corps à la terre

Puis s’apprêter devant l’ultime instant
A affronter cette pupille au fond de laquelle on voit
Briller le regard d’un enfant
Qui est l’enfant que l’on était autrefois.

Suis-moi sur instagram : @auteurespirite


En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture