Ah, le concert matinal, symphonie alerte,
Des volatiles perchés, la gorge offerte !
On nous vante leur grâce, leur gazouillis charmant,
Un réveil enchanteur, ô combien trompant !
Car dès l’aube blafarde, sans aucune gêne,
Ces petits égoïstes, briseurs de la chaîne
De nos doux rêves encore, s’en donnent à cœur joie,
Avec des trilles stridents qui percent notre soie.
Le merle arrogant, ténor de pacotille,
Déroule ses vocalises d’une force imbécile.
Le rouge-gorge mièvre, avec son petit glouglou,
Semble geindre une plainte, un caprice un peu fou.
Et la pie jacassante, bavarde impénitente,
Égrène ses caquets d’une façon stridente.
Point de mélodie douce, point de tendre refrain,
Mais un brouhaha sonore, un vacarme malsain.
On nous dit que leur chant est un don de la nature,
Une ode à la vie, une belle aventure.
Mais pour qui dort à poings fermés, la fenêtre ouverte,
C’est plutôt un supplice, une torture experte.
Alors, la prochaine fois qu’un piaillement vous vrille,
Ne voyez point l’oiseau comme une douce idylle.
Pensez plutôt au bruit, à l’importune clameur,
De ces petits tyrans qui gâchent notre humeur.
Mais chut ! Voici qu’ils reprennent, sans vergogne aucune,
Leur cacophonie aigre, sous le ciel de la lune…
Enfin, du soleil ! Peut-être un instant de paix ?
Naïf espoir ! Déjà leurs gosiers sont épais !
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