Au fond de l’âme, un jardin se révèle,
Où les couleurs de l’être se mêlent.
Joie, soleil éclatant qui danse et rit,
Éclaire les sentiers de l’esprit.
Tristesse, voile doux, brume légère,
Qui parfois sur nos jours se propage entière.
Elle murmure au vent des regrets anciens,
Et baigne nos regards de reflets incertains.
Colère, feu ardent qui gronde et s’embrase,
Secouant les remparts de notre douce base.
Torrent impétueux, elle veut tout casser,
Avant de s’apaiser, lasse de s’agiter.
Peur, ombre furtive aux pas silencieux,
Qui glace le sang et rend le cœur anxieux.
Elle guette au détour, menace voilée,
Et nous fait hésiter, l’âme affolée.
Amour, douce chaleur qui tend les bras,
Lien invisible qui jamais ne s’effacera.
Il unit les regards, les gestes, les serments,
Et berce nos nuits de tendres sentiments.
Surprise, éclair vif qui trouble l’instant,
Ouvrant les yeux grands, l’esprit flottant.
Elle déroute nos habitudes sereines,
Et sème l’inattendu dans nos veines.
Dégoût, grimace amère qui rejette et fuit,
Ce qui heurte nos sens, souille notre nuit.
Il dresse une barrière, un mur de répulsion,
Contre ce qui nous semble impure illusion.
Honte, rougeur brûlante qui monte au visage,
Aveuglant nos regards, prison de notre cage.
Elle murmure nos fautes, nos imperfections,
Et nous fait désirer l’oubli, la réclusion.
Ainsi valsent en nous ces hôtes étranges,
Peignant nos vies de clairs et d’ombres mélangés.
Apprendre à les connaître, à les apprivoiser,
Est le secret du cœur, pour enfin s’apaiser.


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