Non, non ! Croyez-le bien, pas n’est besoin de guerre,
Sur aucune planète ! Et, bien moins sur la terre,
Où tout est préparé pour la transformation
Qui doit vous amener la pacification !
De même que les familles et les particuliers
Finissent bien par suivre un chemin régulier,
A force de revers, de peines et de souffrances :
De même aussi les peuples achèvent leur jactance
Dans leurs propres bravades, quand ils les ont payées
Chèrement et compris qu’il ne faut s’y fier.
Or, la terre en est là, ! Quelle est donc la nation
Qui pourrait se permettre une intimidation
Contre une de ses voisines ? Qu’en résulterait-il ?
Cela n’est pas douteux ! Ce seraient les fusils
Et les canons hideux qui, de leur triste hoquet,
Porteraient la réponse du peuple provoqué !
Or, même en admettant qu’elle fût victorieuse
Cette guerre ! Pour tous, ne serait-elle ruineuse ?
Si la nation vaincue est pillée, saccagée,
Que lui prendra-t-on bien pour se dédommager ?
Or, vous n’en doutez pas, il n’est pas un de vous
Qui se rendrait de suite après les premiers coups.
Comme on faisait jadis ! Il vous faudrait lutter,
Résister et combattre jusqu’à l’extrémité ;
Allant massacrant tout et partout dévastant,
Jusqu’à, l’extinction du dernier combattant !
Où serait le profit ? Régner sur des cadavres,
Sur des ruines fumantes, écœurantes, qui navrent !
S’être ruiné soi-même en ruinant l’ennemi !
Mieux valait sûrement ne s’être compromis
Dans désastres pareils ! Mieux valait échapper
Aux tentations de gloire et conserver la paix !
Non, non ! Quoi qu’on en pense, jamais la grande guerre
N’éclatera chez vous ! Elle serait trop chère.
Tout serait ravagé ; tout massacré, perdu.
Le vainqueur souffrirait autant que le vaincu.
La guerre ! Mais il faudrait qu’on l’osât déclarer !
Et lequel d’entre vous se croirait assuré
D’être victorieux et d’en tirer profit ?
Qui braverait le monde par un pareil défi ?
Celui-là, c’est certain, paierait cher sa démence !
Il subirait du Ciel la plus dure vengeance !
Car, il serait tué, lui, tout le beau premier
Et son armée elle-même périrait en entier !
Oh ! Oui, malheur au chef qui serait impuissant
A contenir ses haines et ses ressentiments !
» Son appel à son peuple de mobilisation
Serait aussi l’arrêt de sa disparition ;
Car, ainsi c’est écrit au Livre du destin
Auquel tous vos efforts se heurteraient en vain ! «
Pourquoi, donc, continuer à préparer la guerre,
Puisqu’elle est impossible, aujourd’hui, sur la terre ?
Celui qui la déclare étant le condamné
A périr le premier, à être dominé,
— Et, cela se sachant, tous en ayant conscience, —
Lequel d’entre les peuples commettra la démence
De courir au-devant de semblables destins,
De se précipiter de lui-même à sa fin !
Ainsi, vous le voyez, les temps sont bien marqués !
Car, malgré vos désirs nettement indiqués,
Affirmés bien souvent, au milieu de vos peines,
D’en finir une fois et d’assouvir vos haines,
Vous restez en présence et ne remuez pas,
Attendant vainement le signal du combat,
Qui vous paraît devoir sonner à chaque instant,
Mais qu’on doit ajourner de printemps à printemps


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