La terre, alors, pourra respirer à son aise.
Elle sera sortie de l’ardente fournaise
Qui vous paralysait et tous vous étouffait,
Tout étant consommé, gaspillé sans effet.
Vos champs refleuriront, prendront une autre vie ;
L’industrie, le commerce seront moins asservis.
Au lieu d’absorber, d’épuiser vos ressources,
Ces millions de soldats enrichiront vos bourses.
Car, leur temps qui, pour vous, était si négatif,
Si pesant et si dur, deviendra productif.
Pas n’est besoin d’avoir une bien grande science
Pour calculer bientôt l’effet de leur présence
Parmi vous. Ne sont-ils la force et la gaieté,
Les meilleurs éléments de la félicité ?
Ne sont-ils pas encore la vigueur, le courage ?
Et, que saurait-on craindre quand on est à leur âge ?
Leurs travaux si variés, très utiles à la fois,
N’est-ce point l’abondance qui revient à vos toits ?
Je dirai plus encore : cette belle jeunesse
N’est-elle votre amour, toute votre tendresse ?
Leur gaieté naturelle, leurs joyeuses chansons,
N’est-ce pas le bonheur, la joie dans vos maisons ?
Qui pourrait contester pareilles vérités ?
Avec quels arguments pourrait-on les lutter ?
Pourra-ton croire encore la guerre nécessaire,
Pour le maintien des trônes, ou pour purger la terre
D’un trop plein qui serait un jour une menace ?
Mais ! N’avez-vous donc pas, chez vous, beaucoup de place ?
Qu’occupez-vous du globe ? La dixième partie !
Et, pouvez-vous savoir si là tout aboutit !
Quant à vos empereurs, ai-je besoin de dire
Ce que chacun connaît ! C’est que le plus haut sire
N’est rien et ne peut rien, sans votre volonté,
Qu’il est, bon gré mal gré, forcé de respecter.
Non, ils ne seront plus au progrès des obstacles !
Car, si pendant longtemps on les prit pour oracles,
On sait bien aujourd’hui que, s’ils sont les premiers
Ici, souvent au Ciel ils sont les beaux derniers !


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