Sera-ce parce que, en ne vous voyant plus,
Vous nous croyez pour vous à jamais disparus ?
C’est la seule raison que nous puissions admettre.
Car, enfin, il faudrait qu’on vous eût fait renaître
Pour rester insensibles à tous nos beaux discours
Et si peu correspondre à notre antique amour !
Si vous pensez ainsi, — comme c’est évident, —
Vous avez un moyen facile et concluant
De constater bientôt partout notre présence !
Vous n’avez qu’a vouloir tenter l’expérience,
A venir dans les lieux de nos réunions,
Où, sous l’œil du Seigneur, nous donnons nos leçons.
Venez-y ! Car, bientôt, vous pourrez reconnaître
Qu’aucun n’a disparu ! Vos enfants, vos ancêtres
Vos époux, vos épouses, vous les trouverez là,
Tous groupés près de vous ; et ne tarderez pas
A tenir d’eux des preuves certaines, indéniables,
Qu’ils continuent à vivre et qu’ils sont très aimables.
Venez ! Je vous le dis, et vous saurez bientôt
Si c’est en bas qu’on aime ou bien si c’est là-haut !
Vous verrez leur amour. Ils vous édifieront
Sur leur manière d’être, ils vous entretiendront
De cette immense vie qui vous attend là-bas,
Et que jusqu’à présent vous n’accréditez pas.
Vous prendrez leurs conseils — vous en avez besoin —
Car vous reconnaîtrez combien vous êtes loin
Du chemin qu’il faut suivre pour avoir le bonheur,
Autant sur votre terre qu’ici près de nos cœurs.


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