N’est-ce point-là, vraiment, un fidèle tableau
De ce passé si triste, où vous êtes à flot ?
Et quelqu’un d’entre vous peut-il le comparer
A l’avenir brillant où vous allez entrer ?
Qui donc, parmi vous tous, oserait bien prétendre
Que ce n’est point la peine d’essayer de se rendre
A l’appel chaleureux que nous vous adressons
Pour tâcher d’échanger les deux situations ?
Non, pas un seul de vous, ô messieurs les savants !
Pourrait encore se faire à ce point imprudent,
De vouloir écarter l’étude du problème
Qui contient le secret de vos destinées mêmes !
Pas un seul d’entre vous voudrait être effronté,
Au point, d’assumer la responsabilité
Des désastres inouïs qui fondraient sur ses frères,
S’ils refusaient d’entendre nos paroles sincères !
La famine cruelle et la peste hideuse,
La guerre la plus terrible et la plus monstrueuse,
Joindraient aux tremblements leurs désolations
Pour en finir bientôt avec les nations.
Ayant pu préférer leur noire obscurité
Aux doux et beaux rayons de notre vérité ;
Car, Dieu mettrait un terme à tant d’acharnement,
Ne laissant plus les bons souffrir pour les méchants.
Et, n’allez pas penser que c’est une menace
Faite dans le seul but de rendre plus efficace
Notre supplication ! Non, car depuis longtemps
L’horrible catastrophe et le gouffre béant
Sont dressés devant vous ; par vous tous préparés,
A cause de vos fautes, de vos vices outrés !
Et, si ce n’était point notre intervention
C’en serait déjà fait de bien des nations,
Car c’est nous, par nos fluides, qui vous rendons plus libres
Et qui, bien qu’à grand peine, maintenons l’équilibre.
Nous ne cherchons donc pas à vous intimider ;
Nous venons, au contraire, ici pour vous aider,
Redonner à vos cœurs le rayon d’espérance
Que leur avait ravi votre sotte ignorance.
Car, si nous découvrons l’abîme sous vos pieds,
Nous vous portons aussi le rameau d’olivier,
Signal que la tempête va bientôt disparaître,
Et que des éléments nous allons rester maîtres.
Il ne tient donc qu’à vous, ô messieurs les savants !
» Ou de rétrograder ou d’aller de l’avant ! «
C’est vous qui commandez ! Vous tenez dans vos mains,
Sous votre volonté, le sort du genre humain,
C’est-à-dire le sort de ceux de vos semblables
Pour qui vous êtes tout, qui vous croient des oracles !
De votre décision, va dépendre le sort
De bien des nations ! C’est la vie ou la mort !
Ou vous venez à nous en toute confiance,
Et vous élargissez l’horizon de la science,
Léguant ainsi vos noms à la postérité,
Pour l’océan de joie et de félicité,
Répandu par vos soins sur la planète Terre !
Ou bien vous méprisez les conseils de vos frères,
Vous renfermant ainsi dans la sphère bornée
Des connaissances acquises qui sont si erronées !
Et, dans ce cas, mes frères, moi je vous le répète,
Malgré l’attristement de nos âmes muettes,
Malgré cet amour pur, dont pour vous nous brûlons,
Vous serez emportés dans le noir tourbillon,
Entraînant avec vous dans le même malheur,
Tous ceux dont vous deviez assurer le bonheur !
Vous vous réveillerez sur une autre planète,
Inférieure à la terre, une des sœurs cadettes,
Encore dominée par tous les éléments,
Avec des corps plus lourds et de plus noirs tourments !
Et là, nouveaux Adam, vous recommencerez
Le terrible voyage, que vous continuerez,
Gardant le souvenir du paradis perdu
Par votre sot orgueil, qui vous a défendu
D’entendre notre appel, servant dans ce séjour,
Aussi peu fortuné, de guide à votre tour,
Jusqu’au jour où, plus sages, vous saisirez la loi
Incomprise par vous, ici dans cet endroit


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