Bientôt se formeront d’autres idées en vous,
Sur notre belle science dont vous êtes jaloux,
Car, nous vous montrerons de simples ignorants,
Hommes inférieurs et de médiocre rang,
Discourant sur des points de la plus haute science,
Avec un tel savoir, une telle éloquence,
Qu’aucun d’entre vous tous, pour bien intelligent,
Avancé qu’on le croie, pourrait en faire autant.
Nous pourrons vous montrer encore des médecins
Qui, sans aucune étude, en imposant leurs mains
Sur le corps du malade, et même quelquefois
Sans avoir nul besoin de ce contact des doigts,
Aidés de nos bons fluides, guérissent en un instant
Des maladies terribles que vos médicaments
Seraient inefficaces, impuissants à combattre.
Et, nous vous montrerons aussi des petits pâtres
N’ayant jamais su lire, encore moins compter,
Faire de longs calculs qui, pure vérité,
Embarrasseraient fort les mathématiciens
Même les plus habiles parmi vos collégiens.
Enfin, nous montrerons, à vos yeux étourdis.
De bien curieuses choses, les faits les plus hardis
Que jamais âme humaine ait pu s’imaginer,
Sur votre triste terre où tout est si borné.
Nous porterons des fleurs d’une de ces planètes
Eparses dans le ciel, pour en ceindre vos têtes,
Dont le parfum suave et l’arôme si pur
Délecteront vos sens d’un sommeil assez dur,
Vous laissant une joie, un bonheur sans pareil
Même longtemps encore après votre réveil.
Et, toujours nous servant de mauvais instruments,
C’est-à-dire des simples et des plus ignorants,
Nous ferons des dessins très bien exécutés,
D’un mode très rapide, et dans l’obscurité.
Nous produirons des fleurs, inconnues ici-bas,
Dans toute leur beauté, leur véritable éclat,
Surpassant toutes les vôtres, laissant loin derrière elles,
La plus perfectionnée, la plus belle d’entre elles.
Et nous vous donnerons aussi des monuments,
De l’architecture montrant l’avancement
Dans ce beau paradis ; des palais somptueux
Auprès desquels les vôtres, aussi luxurieux
Qu’ils puissent vous paraître, et malgré leurs lumières,
Vous sembleront à peine de mauvaises chaumières,
Nous vous dessinerons encore des figures
De ces êtres innombrables qui sont dans la nature,
Vos frères de l’espace, habitants des planètes
Rapprochées de la vôtre. Les très nombreuses têtes
Que nous présenterons, vous feront constater
Et la beauté des types et leurs variétés,
Car chacune d’entre elles aura son expression
Qui produira sur vous sa propre impression.
Pour ces divers travaux, il est bon de le dire,
Nous préférons choisir ceux qui ne savent lire
Et vous paraissent sots. Ainsi nous procédons
Afin de mieux frapper vos imaginations ;
Mais aussi pour montrer que souvent les derniers,
Parmi vous ici-bas, au ciel sont les premiers.
Car, il ne faut pas croire que, là-haut, votre échelle
Continue d’exister ! Elle n’est point assez belle !
Le riche d’ici-bas qui vous paraît heureux
Est, là-haut, très souvent un des plus malheureux ;
Comme le mendiant de votre pauvre terre
Souffrant la faim, la soif et toutes les misères,
Est, la plupart du temps, un des plus avancés
Parmi nous dans l’espace, des mieux récompensés.
Enfin, pour compléter votre édification,
Ne pas laisser planer l’ombre d’un seul soupçon,
Dans vos esprits ravis, nous moulerons nos bras
Et nous vous laisserons les traces de nos pas,
L’empreinte de nos pieds et celle de nos mains,
Puis, progressivement aidés par le divin,
Nous nous rendrons visibles à vos yeux tout ravis
De nous retrouver tels que durant notre vie ;
Et, nous vous parlerons, pour que les faits cités
Etablissent de nous les vrais identités.
Et, si cela n’est pas encore suffisant ;
Si cela ne détruit votre doute si grand,
Pouvant vous croire dupes de l’imagination,
Ou bien encore victimes d’une hallucination,
Pour que vous ne puissiez douter de nos paroles,
Et ni nous accuser de parler paraboles,
Nous doterons aussi vos plaques photographiques
De la reproduction de tous nos traits physiques.
Vous pourrez les passer ainsi de mains en mains
Pour bien vous assurer que le fait est certain.

Photo de Rafael Cerqueira sur Pexels.com

En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture