Cette médiumnité, dite somnambulique,
Est une des plus belles, la plus honorifique :
C’est elle qui se prête, et qui convient le mieux
Pour le rapport constant de la terre et des Cieux.
Les Esprits supérieurs s’en servent pour venir
Vous donner leurs conseils, avec vous discourir ;
Vous parler de votre âme, de votre vie future,
De l’infini du ciel, de la grande nature,
De ces lois éternelles qui gouvernent partout
Les êtres et les mondes, et qui régissent tout.
Ils s’en servent, aussi, pour mener les pervers
Au milieu de vos Centres. Ils vous font voir l’enfer
Tel qu’il est. Le bourreau vis-à-vis des victimes,
Dont la vue incessante lui rappelle ses crimes,
Dans les moindres détails, dans toutes ses horreurs ;
Le tenant constamment en proie à la terreur
De ce triste spectacle, le remuant sans cesser
Jusqu’au fond de son âme, toute bouleversée ;
Traqué par la conscience, ce fidèle miroir
De la vie, qui le livre au plus noir désespoir ;
Seul, avec les victimes, et dans l’obscurité,
Ne sachant par où fuir, ni comment s’abriter,
Pour échapper un peu, ne fût-ce qu’un instant.
A ce tableau cynique, à ce remords cuisant ;
N’entendant que les cris des pauvres créatures
Victimes de sa rage qui, malgré leurs blessures,
Émues de compassion à la vue des tourments,
D’un si grand désespoir et si dur châtiment,
S’oubliant elles-mêmes, élèvent leur âme à Dieu
Lui demandant, par grâce, qu’il apaise le feu
D’un semblable remords, promettant au coupable
Le pardon et l’oubli de ses faits misérables ;
Circonstance, d’ailleurs, dont le seul résultat
Est d’augmenter sa rage, car il n’y consent pas.
Et les années s’écoulent ! Aucune compassion !
Point d’encouragement ! Pas de consolation !
L’Esprit souffre toujours ses horribles tortures,
Chaque jour plus cuisantes et chaque jour plus dures !
Pas une seule voix qui lui fasse espérer
Que ses affreux tourments vont bientôt expirer,
Jusqu’à ce jour béni, triomphant et sublime
Où la faute est purgée !
Ce jour-là, les victimes
S’effacent du tableau. Cet esprit détrompé
Va désormais jouir d’une certaine paix.
Il renait à la vie. Il peut donc réfléchir
Et sur les faits passés, et sur son avenir.
Son ange de la garde qui, depuis bien longtemps,
Soupirait ardemment après ce doux moment,
Se montre enfin à lui, l’anime et l’encourage ;
Puis, afin de pouvoir l’éclairer davantage,
Rapidement l’instruire, il l’oblige à venir
Dans le corps d’un médium avec vous discourir.
Alors, il vous décrit ses crimes et ses peines,
Et son état souffrant. Il vous conte ses haines,
Implore du secours pour qu’on l’aide à sortir
De l’endroit qu’il habite, qui tant l’a fait souffrir,
Où toujours il vit seul, ne sachant où passer
Pour trouver des conseils, oublier son passé.
Car, son ange gardien, quoiqu’étant près de lui,
Ne peut rien par lui-même ; il a besoin d’autrui,
Attendu que ses fluides sont beaucoup trop ténus
Pour ceux de son pupille, différents de vertu ;
Et que, ne pouvant pas saisir son périsprit,
Il ne peut pas, non plus, converser à l’esprit.
Il est parfois bien dur de pouvoir le convaincre ;
Les meilleurs arguments n’arrivent à le vaincre
Mais, rentré dans l’espace, il pense, il réfléchit
A ce qu’il vient de voir, à ce qui lui fut dit.
Et bientôt, il demande lui-même à revenir
Dans ce même milieu qui lui fit tant plaisir,
Où, graduellement, il apprend chaque fois
A se posséder mieux, à connaître les lois
Qui règlent notre vie, jusqu’à ce que, enfin,
Grâce à vos bons conseils, il a vu le chemin,
Et compris la maxime :  » pour que l’homme progresse,
Atteigne le bonheur, il est bon qu’il renaisse. « 
A ce moment heureux lui montrant l’avenir,
Il n’a qu’une pensée, c’est celle d’en finir
Avec la vie errante et triste de l’espace,
Dans ses conditions, il veut une autre place
Ici-bas sur la terre, séjour de punition,
Et demande à son Dieu la  » réincarnation « ,
Pour de nouveau pouvoir, au contact d’un corps,
Se réhabiliter et vaincre ainsi la mort.
Cette médiumnité, dite somnambulique,
Est, comme vous voyez, très sûre et très pratique,
Car elle nous permet, du mode le meilleur,
De pratiquer le bien et tirer des douleurs,
Non seulement les frères qui souffrent dans l’espace,
Mais encore tous ceux qui, sur la terre, passent
Dans vos Centres : car ceux-là, voyant de tels tourments,
Reculent d’épouvante, ils emploient mieux leur temps.
Ainsi, nous obtenons un double résultat
Moralisant d’un coup ceux d’en haut, ceux d’en bas.
Mais, malheureusement, il est peu d’entre vous
Qui puissent nous prêter ce service si doux,
Car, votre périsprit, pour un pareil service,
Doit s’unir à son corps avec plus d’artifice,
De façon que l’on puisse, sans danger sérieux,
Soit l’expulser de lui, soit l’y rentrer des Cieux.

Photo de Aleksandar Pasaric sur Pexels.com

En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture