Si, donc, deux périsprits, de qualités innées,
Sont à peu près semblables parmi les incarnés ;
Et que l’esprit de l’un à l’autre, soit soumis,
Parce qu’il le veut ainsi, qu’ainsi Dieu l’a permis,
Le corps magnétisé suit tous les mouvements
Que le magnétiseur impose à ce moment.
Si même celui-ci tient la volonté forte,
Il peut chasser l’esprit et le mettre à la porte
De ce corps qu’il maîtrise tout à sa fantaisie.
Celui-ci tombe alors en catalepsie,
Et ne reprendrait plus jamais son mouvement
Si le dominateur exerçait trop longtemps
Son pouvoir souverain ; et, par sa volonté,
Ne rappelait l’esprit au corps qu’il a quitté.
Que fait l’esprit chassé quand tout ceci se passe ?
Il se tient près du corps, ou s’en va dans l’espace,
Non d’après ses désirs, quoique non enfermé,
Mais soumis, au contraire, à ce que Dieu permet ;
Conscient de son état, libre de sa prison,
Éprouvant une douce et suave émotion,
D’être débarrassé, si court qu’en soit l’instant,
De son manteau de chair, si lourd et si gênant ;
Lié toujours au corps par un cordon fluidique
Qui part du périsprit, subtil et élastique,
Le guidant en tous lieux, lui permettant alors,
Quand il est rappelé, de retrouver son corps.
Mais, allez-vous me dire, comment de cet espace
Où l’esprit est si libre, revient-il à sa place,
Dans ce corps qui l’enserre, véritable prison,
Citadelle de chair, où toutes les passions,
Sans répit le dévorent ? A-t-il pareil désir ?
Y retourne-t-il bien par son pur bon plaisir ?
Oh ! Non, croyez-le bien, si l’esprit était libre,
S’il pouvait, à son gré, dans l’espace revivre,
Il se garderait bien de reprendre ce corps,
Dont il a tant horreur, qui pour lui fût la mort ;
Mais, il n’est pas son maître ; il ne commande pas,
Et, bien qu’il ait conscience d’aller vers le trépas,
Comme le condamné qui marche, il va, fidèle
A cette volonté qui, malgré lui, l’appelle,
Parce que son périsprit, lié par le cordon
A son magnétiseur, reçoit son impulsion.
Et, quoiqu’à cet appel, l’épouvante le glace,
Il retourne à son corps y reprendre sa place
N’en redevenant maître qu’après qu’est délié,
Par quelques mouvements, le fil qui le liait
A son dominateur. Ainsi cela se passe
Entre les incarnés.
Le souvenir s’efface,
Ou bien est conservé, chez le magnétisé,
Suivant la volonté qui lui est imposée,
Par le magnétiseur durant l’opération.
Si, pendant qu’il le tient sous sa domination,
Notre magnétiseur se tait à ce sujet,
Rien ne reste gravé dans l’esprit du sujet ;
Car, celui-ci chassé, revenant de l’espace,
De ce qui s’est passé ne retrouve point trace.
Mais, si l’opérateur a fixé sa pensée
Sur un ou plusieurs faits ; s’il a bien avancé
Qu’il fallait au réveil en garder la mémoire,
L’esprit magnétisé retrouve d’eux l’histoire
Profondément gravée au fond du périsprit,
Qui les lui reproduit, tels qu’il les a décrit

Photo de Suzy Hazelwood sur Pexels.com

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