Depuis que j’ai quitté notre belle patrie,
J’ai vu bien des pays ; je m’entends appeler,
Chacun me dit : Venez, venez, je vous en prie,
Nous voudrions avoir des vers de Béranger.
Laissez donc reposer cette muse rieuse ;
Elle habite aujourd’hui les vastes champs des airs,
Et pour louer son Dieu, sa voix toujours joyeuse
Se mêle chaque jour aux célestes concerts.
Elle a chanté longtemps sur des airs bien frivoles ;
Mais son cœur était bon ; Dieu l’appelant à lui
N’a pu trouver mauvais ses légères paroles.
Il aimait, il priait sans détester autrui.
Si j’ai pu flageller la race capucine
Les Français en ont ri souvent de bien bon cœur.
Qu’à revenir en bas le bon Dieu me destine,
J’aurais encore pour eux quelque refrain moqueur.

Quoi ! vous m’assassinez, race humaine et légère !
Des vers ! toujours des vers ! le pauvre Béranger
En a bien fait de trop en passant sur la terre,
Et contre eux son trépas devrait le protéger.
Mais non, il n’en est rien ; que son sort s’accomplisse !
J’espérais en mourant, Dieu l’aurait empêché.
Du pauvre Béranger, vous voyez le supplice,
Et voulez le punir, hélas ! par son péché

Photo de Quang Nguyen Vinh sur Pexels.com

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