Contre la chèvre un chou se trouvait engagé
Bien malgré lui, dans une affaire ;
Et comme un plaideur ordinaire,
Il voulait n’être pas mangé.
La chèvre persistait ; elle invoquait pour titre :
Faim de chèvre. Or voici comment
Le chef d’un grand troupeau, Farou, pris pour arbitre,
Sans timbre et sans délais rendit son jugement
Entre nous, leur dit-il, la guerre c’est folie ;
Je vous aime, voyons, que je vous concilie.
Toi, chèvre, tu voudrais l’absorber sans pitié ;
C’est mal, il te suffit d’une bonne moitié.
Et toi, chou, pour si peu n’échauffe pas la bile ;
A la chèvre abandonne une feuille inutile ;
Que l’on soit cabus ou chou-fleur
On ne brille que par le cœur.
La chèvre s’indigna. Froidement irascible
Le chou lâche le mot, le grand mot : impossible.
Moi je déclare triple fou
Qui veut contenter chèvre et chou.


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