Un tigre gouvernait. Sa robe mouchetée,
Sa tête vers les cieux royalement portée,
Ses ongles déchirants, son jarret assoupli,
Faisaient de ce monarque un monarque accompli.
D’un tel maître faut-il qu’un peuple se fatigue ?
Excités par un léopard,
Les loups secrètement formèrent une ligue ;
Enfin de la révolte on leva l’étendard.
Que de tristes horreurs !… On vit, sur les broussailles,
Des sujets expirants palpiter les entrailles ;
Détail ; n’en parlons plus. Un jour, à son réveil,
Peut-être à jeun, le tigre assembla son conseil.
Nobles Seigneurs, dit-il, dès longtemps on m’outrage :
« Nés pour la servitude, au cri de liberté,
Ils bravent ma clémence et mon autorité ;
Comprends-tu leur orgueil, toi, des ours le plus sage ?
Avec les loups je veux en finir promptement.
Comme moi, n’est-ce pas, tu frémis sous l’injure !
Je suivrai ton avis, quel qu’il soit, je le jure ;
Et tu sais si jamais j’ai trahi mon serment ;
Ta franchise me plaît ; j’ai dit, qu’on obéisse. »
Sire, répondit l’ours, j’obéis, écoutez :
« Il faut pour en finir avec les révoltés,
En finir avec l’injustice ».

Photo de GEORGE DESIPRIS sur Pexels.com

En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Aurel Auteure

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture