Mutabilité de la conscience,
Progressant comme elle avec l’idéal,
La Morale humaine a ses jours d’enfance,
Et cherche le bien à travers le mal.
Au commencement des temps et des races,
Elle assoit déjà son règne à venir ;
Le premier instinct qui groupe les masses,
Lui demande un frein pour les contenir.
Pour mieux assurer son joug nécessaire,
Imposer aux fils la foi des aïeux,
Elle fait le Code et régit la terre ;
Elle fait le Dogme et promet les cieux.
Et l’esprit humain, façonné pour croire.
Subit, sans porter son rêve au-delà,
Ce chaos barbare et contradictoire
Qui condamne ici ce qu’il prescrit là.
Là, le sang flétrit ; là, le meurtre honore ;
Là, bétail humain, l’esclave est coté.
Un peuple proscrit ce qu’un autre adore,
Imposture ici, lumière à côté.
Et chaque morale, infaillible et sûre,
Prétend diriger l’homme vers son but ;
Et, se proclamant la doctrine pure,
Veut s’éterniser, au nom du salut.
Mais, par intervalle, une voix s’élève,
Et l’Homme s’agite en son lourd sommeil.
Sur un front élu qui pense, ou qui rêve,
Vient de rayonner l’aube du réveil.
Le peuple, étonné, se lève. Il écoute…
Les cœurs sont touchés. Les plus résolus
Suivent l’inspiré qui montre la route,
Et l’humanité fait un pas de plus.


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