Si tout doit finir avec l’agonie,
Le rire et les pleurs, le doute et la foi ;
Si le ciel ouvert à notre génie,
Et les profondeurs sans fin de la vie
Se ferment pour vous, se ferment pour moi :
Si tous les chemins mènent aux abîmes ;
Si la mort n’est rien qu’un gouffre béant
Prenant les bourreaux avec les victimes,
Les immaculés et les noirs de crimes,
Pour les donner tous au même néant ;
Si le mal qu’on fait ou que l’on supporte,
Le bien qu’on répand ou que l’on reçoit,
Conduisent au seuil de la même porte
Où bonheur défunt e souffrance morte,
Dans l’oubli commun, sont égaux en soi ;
Si, devant la loi stricte et générale,
Cartouche, César et Vincent-de-Paul,
Quoique différents tous trois en morale,
Ont une valeur tout à fait égale,
A cinq ou six pieds au-dessous du sol ;
Si la conscience où chacun se compte,
Phare lumineux ou pâle flambeau,
Qu’elle ait éclairé l’orgueil ou la honte,
Au bout du trajet, n’est, en fin de compte,
Qu’une lampe éteinte au fond d’un tombeau ;
Si le fond de tout n’est qu’un vain caprice
De ce moteur fou qu’on nomme hasard ;
Si la fin de tout confond la justice,
Dément la vertu, rit du sacrifice,
Noyant l’arrivée avec le départ ;
Si tout s’équivaut, sagesse et folie,
Cœur pur, âme tendre, instinct bestial ;
Si tout est nectar, ou si tout est lie…
A quoi sert la mort ? A quoi sert la vie ?
A quoi sert le bien ? A quoi sert le mal ?

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