Sondant les profondeurs de la voûte azurée,
Dans sa nacelle d’or de globes entourée,
Grave, silencieux au milieu de sa cour,
Jupiter voyageait un jour.
Parfois il frémissait. Reine dans l’art de plaire,
Vénus discrètement cherchait à le distraire.
Pour le distraire, en vain Apollon radieux
Confiait aux zéphyrs ses chants mélodieux.
Hébé versait. Près d’elle, insistant avec grâce,
Mercure exécutait ses tours de passe-passe.
« Enfin ! dit Jupiter, j’aperçois l’ennemi,
L’homme… Je saurai bien corriger les planètes ;
Tous mes ordres là-bas passent pour des sornettes. »
˗ « Sire, reprit Vénus, vous avez mal dormi…
L’univers rend hommage à votre omnipotence ;
Et l’homme, s’il s’égare, est encor dans l’enfance.
Soyez bon pour le nouveau-né. »
« Par lui peut-être un jour je serai détrôné !…
I1 commence à connaitre, et l’inconnu l’amorce.
La raison… la vois-tu venir ?
Ou vieillit même aux cieux ; et par un coup de force
Je désire me rajeunir.
Ma foudre !… Trop souvent de ma foudre on se joue ;
Jupiter plus longtemps ne saurait reculer.
Et puis, belle Cypris, s’il faut que je l’avoue,
Ce n’est pas sans orgueil que je l’entends rouler,
Ma foudre ! » Il la lança, mais sans rien ébranler.
Et le dieu s’irritait… impuissante colère !…
De bien d’autres encor les foudres passeront.
Gloire à Dieu !! quand Dieu nous éclaire,
Les dieux s’en vont.


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