Tu foules le sol de ta vie à rechercher ton pain, A quêter dans le regard de ton frère, le lien, La force d'aller plus loin, Pour décupler l'espoir qui n'est pas vain. A tes yeux affamés qui croient en demain, S'oppose l'ignominie du genre humain, Qui sur ton sort s'apitoie, a toujours feint. Pourquoi doit-on naître sous un ciel peu serein Quand on a la peau brune, cette estampille d'airain Qui fait la différence entre les teints Blancs, jaune, rouge, noir comme le tien. Tu luttes péniblement avec rien, En proie à toutes les souffrances, à tous les dédains. Car tu aspires aussi à te rapprocher du divin, En devenant libre, réfléchi, en traçant ton chemin. Tes cris, tes pleurs sont les derniers mots de la faim A celui qui peut encore entendre l'oublié qui s'éteint, Tenant l'équilibre fragile de sa vie entre les mains, Jusqu'à ce que l'homme, d'amour soit empreint.
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